CE À QUOI JE NE M’ATTENDAIS PAS QUAND J’ATTENDAIS UN ENFANT

J’étais mariée à mon meilleur ami depuis cinq ans lorsque nous avons décidé d’avoir un enfant. Je suis tombée enceinte dans un moment idéal; nous étions prêts à devenir parents.

Ma grossesse a été merveilleuse. J’ai suivi toutes les étapes du développement de mon bébé, j’ai lu des livres sur l'éducation et j’ai fait écouter de la musique classique à mon ventre. Je suis restée très active : j’ai fait de l’aquagym, des cours d’étirement et de relaxation, et même l’épreuve de natation d’un mini d’un mini-triathlon! La grossesse se passait très bien; j’ai même dit : « Si les elles sont toutes comme ça, je veux 10 enfants! ».

Le 6 novembre à 5 h 30, après 15 heures et demie de travail et une péridurale, j’ai donné naissance à Sean, un petit garçon débordant de vie. Bien qu’il soit arrivé trois semaines d’avance, il pesait 3,37 kg (7 livres et 7 onces). Quelle expérience formidable! Mon mari et ma sœur étaient avec moi et d’autres proches nous ont rejoints quelques instants après l'heureux événement. Nous étions si comblés.

Après la naissance de Sean, les choses ont changé. La période que j’ai traversée peu après l’accouchement pourrait être comparée à tour de montagnes russes! J’étais extrêmement émotive : une minute je pleurais, la suivante je riais. J’ai commencé à avoir des pensées intrusives qui, je l’ai su plus tard, étaient typiques du trouble obsessionnel compulsif post-partum (TOCPP).

Sans prévenir, il me venait une pensée « envahissante » de faire du mal à mon enfant. Ces pensées m’effrayaient et me troublaient. J’aimais mon fils et je ne savais pas d’où elles provenaient. J’avais peur de moi-même; quand je regardais mon bébé, je me disais qu’il était triste et étrange de devoir m’inclure dans la liste des personnes dont il devait être protégé.

Mon mari était d’un grand soutien et j’appelais ma mère et mes amies lorsque cela se produisait, ce qui m’a beaucoup aidée à garder le contact avec la réalité. Ma mère m’a conseillé de parler de ce problème à mon médecin et à l’infirmière de la santé publique. Mon médecin m’a alors encouragée à continuer d’appeler des gens, mais les pensées intrusives persistaient. Lors d’un appel de suivi avec l’infirmière de la santé publique, je lui ai mentionné que j’avais encore des idées troublantes. Elle était inquiète et m’a dit qu’elle était légalement tenue d’appeler une société d’aide à l’enfance. Même si elle m’a garanti que cela ne signifiait pas qu’ils m’enlèveraient Sean, j’avais toujours cette inquiétude au fond de moi. Ce n’était pas ce à quoi je m’attendais lorsque j’envisageais de devenir mère!

J’avais peur de moi-même; quand je regardais mon bébé, je me disais qu’il était triste et étrange de devoir m’inclure dans la liste des personnes dont il devait être protégé.

Plus tard ce jour-là, la travailleuse sociale est venue nous interroger, mon mari et moi. Elle a informé mon médecin de son intervention et cela m’a finalement amenée à consulter un psychiatre pour savoir ce qui se passait réellement. Jusqu’à cette rencontre, je ne devais jamais être seule avec Sean. Durant ce mois de décembre-là, j’ai eu terriblement peur; toutefois la présence de ma famille et les activités des vacances ont rendu la situation supportable.

J’avais peur de moi-même; quand je regardais mon fils, je me disais qu’il était triste et étrange de devoir m’inclure dans la liste des personnes dont il devait être protégé.

Après ce congé, je suis allée voir le psychiatre et un conseiller qui m’ont recommandé de faire face à ces affreuses pensées avec logique et vérité. Quand elles surgissaient, je devais me rappeler que j’étais une excellente mère qui aimait son fils. Mon dialogue intérieur ressemblait à ceci : « Puisque j’ai une pensée inquiétante à propos des couteaux, si le couteau reste dans la cuisine et que le bébé reste dans sa chambre, RIEN n’arrivera au bébé aussi longtemps qu’il reste là où il est et que le couteau reste à sa place. » À mesure que je me répétais ces vérités, ces pensées mensongères se sont raréfiées et j’ai pu voir mon conseiller de moins en moins souvent.

J’ai appris à identifier les éléments déclencheurs. Les pensées avaient tendance à surgir quand j’étais seule ou fatiguée alors je tentais de me reposer lorsque Sean dormait. J’organisais des sorties avec des amies et leurs petits lorsque mon mari allait au travail. De plus, je partageais à mes copines ce qui se passait afin qu’elles puissent être là pour moi. En essayant de réduire les éléments déclencheurs, les pensées sont devenues moins fréquentes. Quand Sean a eu 4 mois et demi, elles n’étaient pratiquement plus un problème. J’ai eu deux autres beaux petits garçons après Sean, et j’ai dû lutter contre mon TOCPP avec eux aussi. Même si j’en étais consciente lors de la deuxième et la troisième fois, cela se produisait quand même.

Si je n’avais pas demandé d’aide, j’aurais probablement continué à souffrir en silence. Qui sait où ces pensées auraient pu me mener? Comme le dit une de mes tantes : « Parfois, c’est une bonne chose de s’effondrer, parce que nous pouvons ainsi obtenir de l’aide dans les nombreuses difficultés de nos vies. Parfois, nous ne savons même pas ce qui ne va pas. »

Avoir un bébé est un énorme changement de vie et nous avons besoin de toute l’aide que nous pouvons recevoir. N’hésitez pas à en parler. En étant franche en ce qui concerne mon vécu, j’ai découvert d’autres femmes qui ont eu des expériences similaires, mais qui n’avaient personne à qui parler. S’ouvrir nous permet de demander de l’aide et de réaliser que nous avons tous des difficultés. Rappelez-vous que les mauvaises pensées ne font pas de vous une mauvaise personne ou une mauvaise mère, c’est ce que vous en faites qui importe le plus. Vous pouvez entrer en contact avec un mentor qui vous écoutera et vous apportera un soutien en laissant vos coordonnées ci-dessous. Ne souffrez pas en silence; nous pouvons faire face à cela ensemble.


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