Faim d'amour

Il ne m’a pas été facile d’apprendre à arrêter de manger mes émotions. Tout a commencé dans mon enfance. J’essayais de répondre aux attentes de tous, mais c’était une tâche impossible. Déjà que mon surpoids et mes insécurités me donnaient l’impression d’être inférieure aux autres! La pression liée au désir d’être appréciée des autres est devenue trop forte. Je désirais être aimée pour la personne que j'étais. Je souhaitais être traitée avec respect, même si j’étais différente des autres de mon âge.

La nourriture est devenue mon amie.

Chaque fois que la vie devenait insupportable, je me tournais vers la nourriture pour me soulager. Elle pouvait être sucrée, salée, épicée, douce, chaude ou froide; cela n’avait aucune importance. Cela me rassurait de savoir qu’elle était là pour moi quand j’en voulais, de sorte que j’ai appris à manger même lorsque je n’avais pas faim.

Bien sûr, une telle dépendance est difficile à nier si on est doté d’un métabolisme lent. Mon tour de taille me trahissait. D’ailleurs, pour couronner le tout, j’ai été hospitalisé en première année du secondaire en raison de maux de tête constants. Après une série de tests, le médecin m’a diagnostiqué comme souffrant d’hypertension artérielle. Inutile de dire que je devais suivre un régime strict pour réduire ma consommation de sodium!

Cela a fonctionné pendant un certain temps. Mais comme que je n’avais jamais réalisé l’ampleur de mon problème, il n’a pas tardé à se présenter de nouveau. Cette fois, je mangeais des aliments plus sains, mais sans égard aux quantités absorbées.

Avec le temps, je me suis rendu compte de mon attachement malsain à la nourriture. À mon poids le plus lourd, soit environ 90 kg, j’ai commencé à m’informer sur ce que je devais faire différemment. J’ai dû accepter le fait que j’étais accro à la nourriture, principalement aux aliments sucrés.

J’ai dû accepter le fait que j’étais accro à la nourriture.

Cela n’a pas été facile. Je voulais donner l’impression d’être celle dont la vie est bien ordonnée. J’étais de celles qui aident les autres à résoudre leurs problèmes alors qu’elles vivent secrètement des difficultés. Mais plus je me retrouvais aux prises avec une série de problèmes de santé liés à mes habitudes alimentaires, plus je savais qu’il fallait que je change. J’ai commencé à faire de meilleurs choix pendant un certain temps, mais quand les circonstances devenaient trop difficiles, je retombais dans mes vieilles habitudes.

Tout dernièrement, j’ai réalisé que j’en avais assez de contourner ce problème. Il était grand temps de trouver de nouvelles façons de gérer mon stress. Car c’était là le vrai problème. Tous les autres changements que j’avais entrepris traitaient uniquement mes habitudes alimentaires; ce n’est que lorsque j’ai changé ma façon de gérer le stress que j’ai commencé à voir de véritables progrès.

Un de ces changements a été de tenir un journal. Aujourd’hui, chaque fois que j’ai une journée difficile, j’essaie de noter dans mon journal comment je me sens. Je mets sur papier toutes les émotions qui remplissent mon cœur et m’accablent. J’ai aussi commencé à marcher et à pratiquer d’autres formes de relaxation pour évacuer le stress de la journée. Une leçon très importante que j’ai apprise au fil des ans, c’est que je ne suis pas responsable du comportement ou des attitudes des autres à mon égard. Je ne suis responsable que de moi. C’est tout un fardeau d’enlevé de sur mes épaules!

J’admets que je vis encore de mauvais moments; mais je vois des améliorations. Je me tourne vers des mécanismes d’adaptation sains plus facilement qu’autrefois. Et si je tombe, cela ne prend qu'un moment pour me remettre sur la bonne voie. Les rechutes sont de moins en moins rapprochés. Chaque jour, j’avance.

Si un trouble alimentaire te fait souffrir, je t'encourage à remplir le formulaire ci-dessous. Un membre de notre équipe te contactera d'ici peu pour t’encourager et te soutenir. Nous sommes là pour toi. Il y a de l’espoir.