J’ai ramassé la bouteille d’iode dotée du symbole pour le poison et je l’ai contemplée longuement. Je n’avais nul besoin de nettoyer une plaie. Ma souffrance était intérieure. Je venais de retourner à ma chambre d’hôtel après une réunion pénible. Un de mes grands amis m’avait profondément blessé par ses paroles. En tenant la bouteille à la main, je me suis dit : « Je pourrais boire ceci! »

Il s’agissait d’une pensée sérieuse, mais momentanée. J’étais fatigué, blessé, et si découragé que le désespoir semblait m’envahir. Je n’ai jamais oublié ce moment. Je n’en ai jamais parlé avant aujourd’hui. Peut-être ce souvenir est-il si marquant parce que je suis normalement une personne très optimiste. Je dis souvent aux gens : « Il n’y a pas de problèmes, seulement des possibilités… »

Les sources du désespoir sont multiples et tant de facteurs peuvent l’amplifier! Un de mes amis a une fille de 18 ans qui a essayé de s’enlever la vie. Pour elle, les facteurs déclencheurs étaient : une chirurgie qui l’avait empêchée de participer aux activités sportives pendant sa dernière année à l’école secondaire; une critique sévère de la part d’une amie; une rupture; la consommation d’alcool; et l’épuisement. Une nuit, alors que toute la famille dormait, elle a avalé une bouteille entière de comprimés contre la douleur. Heureusement, la tentative a échoué. Ce n’est pas le cas pour tout le monde.

Le désespoir est dangereux et parfois même mortel. Quelqu’un a dit :« Les gens peuvent vivre des semaines sans nourriture, des jours sans eau, des minutes sans oxygène, mais pas un instant sans espoir. » Ce qui m’aide dans ma lutte contre le désespoir, c’est de comprendre les facteurs qui y contribuent et de choisir de fixer mon attention sur les choses qui me remplissent d’espoir.

Quelques-uns des facteurs déclencheurs de désespoir peuvent sembler sans importance, mais ensemble, ils peuvent faire exploser en moi un désespoir profond.

Lorsque j’ai faim ou que je suis épuisé, j’ai plus tendance à voir les choses en noir. La meilleure chose à faire alors est de manger et de dormir.

Je sais aussi qu’après de grands événements ou après beaucoup de contact humain, je peux me sentir à bout de force. J’ai appris qu’un temps creux suit souvent de telles situations exhilarantes. Le fait de comprendre ce cycle m’aide à mieux le gérer de sorte à tenir le désespoir à distance.

Un autre signe d’épuisement émotionnel est l’apparition de réactions émotives intenses. Lorsque je me fâche pour des riens ou que je pleure sans raison, de sorte que je me dis : « Mais, d’où ça vient, ça? », je sais que je souffre d’un épuisement qui est souvent précurseur de désespoir.

Le désespoir peut prendre facilement racine suite à des paroles d’amis de confiance. Je trouve les paroles d’amis proches puissantes, que ce soit pour le bien ou le mal, alors que les paroles d’étrangers n’ont pas beaucoup d’effet. C’est pour cela que le divorce peut avoir un si grand impact sur nous. La personne qui nous connaît le mieux vient de nous dire : « Je ne veux pas de toi. Tu ne comptes pas pour moi. » Cela est si pénible! Un désespoir suffocant peut suivre un tel événement.

L’espoir, un antidote au désespoir

Parfois, pour retrouver l’espoir, il suffit de changer sa vision des choses, comme l’illustre si bien cette histoire :

Par un matin brumeux de juillet 1952, Florence Chadwick a pataugé dans les eaux froides qui entouraient l’ile Catalina. Elle voulait se rendre sur la côte de la Californie à la nage.

Le froid glacial l’a affectée tout de suite. À cause du brouillard, elle entrevoyait à peine la barque qui l’accompagnait. Plusieurs fois, ses compagnons ont utilisé un fusil pour éloigner les requins. Après 15 heures de nage, elle a demandé qu’on la sorte de l’eau. Son entraîneur l’a encouragée à persévérer en lui disant qu’elle n’était pas loin de la côte.

Ce n’était pas la première fois que Florence avait tenté de nager une grande distance. Elle était la première femme à traverser la Manche à la nage dans les deux directions. Mais en ce jour, tout près de la côte de la Californie, elle ne voyait que la brume. Elle était épuisée et découragée. Elle se pensait incapable d’atteindre son but. Et donc, elle a abandonné son but à moins d’un kilomètre de la plage! Dans un entretien après l’événement, elle a dit : « Je ne suis pas en train de me donner des excuses, mais je crois que s’il m’avait été possible de voir la côte, j’aurais pu persévérer. »

Pourquoi Florence a-t-elle abandonné la partie ce jour-là? Était-ce à cause du froid, de la fatigue ou de la crainte? Non, la raison qu’elle n’a pas accompli son but, c’est que le brouillard l’empêchait de voir clair. Deux mois plus tard, elle a réussi à faire cette traversée en un temps record.

Parfois, j’ai besoin que le brouillard se lève; j’ai besoin d’évaluer clairement mes circonstances. Parfois, un temps de réflexion me suffit. D’autres fois, j’ai besoin de trouver un ami prêt à m’écouter et à m’aider à faire la part des choses. Et à d’autres occasions, j’ai besoin de m’adresser à un thérapeute ou à un mentor sage et fiable.

Nous ne pouvons pas vivre longtemps sans espoir.Pour éviter le désespoir ou nous en remettre, nous avons besoin d’agir. Pour le prévenir, il faut reconnaître les signes précurseurs du désespoir et agir pour corriger la situation. Parfois, des actions très simples suffisent : bien manger, assez dormir, parler de la situation avec un bon ami.

Il faut aussi établir un fondement solide pour la vie, un fondement qui offre de l’espoir même dans les situations les plus pénibles. Beaucoup de personnes bâtissent un tel fondement en venant à connaître Dieu, source ultime d’espérance et de raison d’être.

Si tu aimerais refaire ta vie avec Dieu, consulte l'article Là pour toi.

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Auteur de cet article : Michael Woodard.

Credit photo : Cristina Gottardi