Ma fille s’est coupée pour la première fois alors qu’elle avait 12 ans. Son acte m’a surpris, choqué, et beaucoup effrayé.

Aujourd’hui, onze ans plus tard, elle lutte toujours contre cette tendance. Au début, je ne connaissais presque rien concernant l’automutilation, mais je me suis informée.

C’est important de comprendre ce comportement : en quoi il consiste; qui le pratique; et comment venir en aide à ces personnes qui souffrent à l’intérieur même plus qu’à l’extérieur.

Qu’est-ce que l’automutilation?

Il s’agit de l’acte de prendre un outil coupant tel qu’un rasoir, des ciseaux ou un morceau de verre, et de l’utiliser contre sa peau pour provoquer soit un saignement ou des contusions. La plupart du temps, la personne se coupe les bras, les poignets ou les jambes. Mais certaines personnes se couperont la poitrine, l’estomac, le visage, le cou, les seins ou les organes génitaux. Les coupures sur les bras et les jambes sont les plus communes, puisqu’il est facile de créer des explications pour ces blessures en disant des choses telles que : « Mon chat m’a griffé » ou « J’ai eu un accident dans la cuisine ».

Des millions de personnes se blessent d’une façon ou d’une autre.

Les coupures sont une forme d’automutilation. Il en existe d’autres : s’égratigner, se tirer les cheveux, se brûler, se gratter les plaies, se frapper ou se buter la tête.

Qui le fait et pourquoi?

Il est difficile de comprendre cette compulsion à se faire du tort.

Des millions de personnes se blessent d’une façon ou d’une autre. La plupart du temps, il s’agit d’un comportement adolescent qui peut persister jusqu’au stade adulte. Les personnes qui s’automutilent viennent d’arrière-plans et de races variés.

Les personnes qui se blessent ont tendance à cacher ce fait en portant des vêtements longs tant pendant l’été que pendant l’hiver.

Les personnes s’automutilent pour gérer le stress et les émotions qu’elles ne peuvent pas exprimer, comme nous pouvons le constater en lisant cette liste de raisons avancées par ceux et celles qui se blessent.

Quelle qu’en soit la raison, comprenons qu’il s’agit d’un comportement dangereux qui peut signaler un problème plus profond. Plusieurs personnes qui se coupent souffrent aussi de troubles alimentaires tels que l’anorexie ou la boulimie. D’autres souffrent de dépression. D’autres souffrent d’avoir été victimes de violence physique ou sexuelle.

S’agit-il d’une tentative de suicide?

D’habitude, les gens qui s’automutilent ne cherchent pas la mort. Cependant, les coupures peuvent parfois entraîner des séquelles mortelles : parfois, les gens se coupent trop profondément et meurent accidentellement de leurs blessures.

Si vous connaissez quelqu’un qui pense se suicider, veuillez lire ceci. Le suicide n’est pas une solution.

Comment aider un ami qui se coupe?

Si vous pensez qu’un ami se coupe, n’hésitez pas à le lui demander. La plupart du temps, les personnes qui se coupent veulent en parler. Si vous vous êtes trompé, ne vous en faites pas : vous n’allez pas pousser une personne qui ne se coupe pas à commencer.

Si l’un de vos amis vous laisse voir ses coupures, c’est parce qu’il veut en parler avec vous. Vous pouvez alors lui offrir quelques solutions de rechange, mais ne lui dites pas quoi faire. Si une personne se coupe dans l’espoir de gagner une certaine maîtrise sur sa situation, cela ne l’aidera pas de se faire dire que faire. La meilleure chose à faire, c’est d’inviter la personne à s’adresser à un parent, un enseignant, un pasteur, un conseiller ou un professionnel de la santé pour trouver l’aide qu’il lui faut.

Vous pouvez aussi l’aider en vous informant plus à ce sujet en lisant des articles ou des livres.

N’hésitez pas à chercher de l’aide pour vous-même aussi. Cela peut être stressant d’accompagner un ami qui se coupe. Même si vous voulez respecter la confidentialité des propos de votre ami, vous pouvez tout de même parler avec un professionnel de la santé concernant les effets de son problème sur vous.

N’oubliez pas que vous n’êtes pas responsable de la guérison de votre ami. Vous ne pouvez pas changer l’autre personne, mais vous pouvez lui offrir votre amitié fidèle et votre compréhension. Le fait même de lui en parler et de l’encourager à trouver de l’aide lui prouve qu’elle compte beaucoup à vos yeux. C’est parfois tout ce qu’il faut pour qu’une personne cherche à guérir.

Et si c’est moi qui se coupe? Comment puis-je m’aider?

Parlez-en avec une personne de confiance : un parent, un bon ami, un pasteur, un conseiller. Avouez que vous vous coupez et que vous voulez cesser de le faire. Demandez-leur de vous aider à trouver des moyens d’y arriver. Il se peut qu’ils réagissent mal en premier : ils pourraient exprimer le déni, la tristesse ou même la colère, mais cela va passer. Si vous voulez éviter cela, parlez plutôt à un professionnel de la santé, contactez une association pour la santé mentale ou faites appel à un service d’aide téléphonique ou en ligne. Plusieurs sources d’aide sont disponibles.

Vous n’avez pas à régler le problème seul. Il existe des thérapeutes et des groupes de soutien qui peuvent vous aider à comprendre pourquoi vous vous coupez. Même si l’idée de chercher de l’aide vous met mal à l’aise, faites-le tout de même, car c’est plus facile de le faire aujourd’hui que demain. Si tu attends, le problème ne fera que s’empirer. Vous pouvez arrêter de vous blesser.

Dans son livre, Purpose for the Pain, ma fille dit ceci : « Je n’ai pas réussi toute seule. Je ne suis pas assez forte pour le faire. Dieu m’a soutenu… J’ai trouvé cela difficile d’arriver à ce point-ci (libre de coupures depuis 6 mois)… Mais c’est arrivé, et cela peut arriver pour d’autres aussi. »

D’ailleurs, vous pouvez remplir le formulaire ci-dessous pour parler en toute confidentialité avec l’un de nos bénévoles, qui vous accompagnera en vous écoutant et en vous encourageant dans votre cheminement. Vous pouvez lui écrire aussi souvent et aussi longtemps que vous le voulez. Nous garantissons la confidentialité de vos propos, et le service est tout à fait gratuit.




Auteur de cet article : dena-yohe.

Credit photo : Sorin Sîrbu